| Période(s) de construction | XIIe, XIIIe, XIVe, XVe, XVIe, XVIIe, XVIIIe, XIXe |
| Époque(s) architecturale(s) | Renaissance, Néo-gothique |
| Adresse | Rue du Château, 64000 Pau |
| Classement | Classé aux Monuments Historiques |
Crédits photo : Sylvain NGR, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
Le château de Pau occupe une butte au cœur de la ville, dans les Pyrénées-Atlantiques, face à la chaîne des Pyrénées. La position n'a rien de gratuit : elle commandait autrefois un gué sur le gave de Pau. Neuf siècles de constructions s'y superposent, du XIIe au XIXe.
La forteresse prend son visage sous Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn, au XIVe siècle — c'est lui qui fait élever le donjon de briques. Mais la métamorphose vient en 1512, quand la cour de Navarre s'installe à Pau. Henri II d'Albret et son épouse Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier et auteure de L'Heptaméron, transforment la place forte en résidence d'agrément. Leurs initiales, gravées sur les murs et les plafonds, ont été conservées lors des restaurations ultérieures.
Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1553, Jeanne d'Albret y accouche d'un fils — le futur Henri IV. La naissance a lieu ici sur la volonté du grand-père, qui tenait à ce que l'héritier de Navarre vienne au monde sur ses terres. L'enfant n'y grandira pas et n'y reviendra guère, mais cette seule nuit fera la célébrité du lieu.
Un objet en porte le souvenir : une carapace de tortue de mer, présentée comme son berceau. On la trouve mentionnée dès 1561 dans l'inventaire des richesses des rois de Navarre, et l'usage de telles carapaces pour bercer les nouveau-nés était réputé leur transmettre les qualités de l'animal — longévité, sagesse, persévérance. Rien ne prouve que celle-ci ait accueilli le futur roi, mais la relique devint objet de culte au XVIIIe siècle.
Son sauvetage tient du roman. Le 1er mai 1793, le comité de Salut public ordonne son autodafé sur la place publique. Le capitaine du château, un gardien et un collectionneur nommé Beauregard substituent la veille une autre carapace tirée d'un cabinet de curiosités. L'original, caché puis confié à un menuisier, ne réapparaît qu'en 1814, remis solennellement au duc d'Angoulême.
Le château est restauré sous Louis-Philippe, précisément autour de ce souvenir, dans un goût néo-Renaissance et néogothique. Résidence impériale sous Napoléon III, puis résidence nationale sous la Troisième République, il abrite aujourd'hui un musée national riche en portraits et en tapisseries. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche.
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