| Période(s) de construction | XVIe, XVIIe |
| Époque(s) architecturale(s) | Renaissance, Classique |
| Adresse | 4 Place de la Libération, 33410 Cadillac |
| Classement | Classé aux Monuments Historiques Inscrit aux Monuments Historiques |
Crédits photo : Fabien.lotte, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
Le château ducal domine la Garonne au cœur de la bastide de Cadillac-sur-Garonne, en Gironde, à trente-cinq kilomètres de Bordeaux. Disposé en U autour d'une cour d'honneur, entouré de douves sèches et protégé par des bastions, il compte parmi les premiers exemples d'architecture à la française.
Son bâtisseur est un personnage romanesque. Jean-Louis de Nogaret de La Valette naît en 1554 simple cadet de Gascogne. Devenu le favori d'Henri III, il est fait premier duc d'Épernon par le dernier des Valois. Sa longévité politique est remarquable : présent dans le carrosse d'Henri IV le jour de l'assassinat, il prend aussitôt le contrôle de Paris comme colonel général de l'infanterie et assure la transmission du pouvoir à Marie de Médicis. Il servira ensuite Louis XIII, à qui il fournit en 1622 les gardes de la première compagnie des mousquetaires. Ses relations exécrables avec Richelieu lui vaudront l'excommunication et l'exil ; il meurt en disgrâce à quatre-vingt-sept ans.
Le chantier commence en 1599 et se poursuit sous Henri IV puis Louis XIII. Le duc veut une demeure qui rivalise avec les résidences royales. Baies à meneaux, lambris, plafonds peints, tapisseries — et surtout huit cheminées monumentales de marbres polychromes, chacune différente, portant les chiffres du duc, de la duchesse ou d'Henri III. Elles sont tenues pour des chefs-d'œuvre de la sculpture française.
Saisi à la Révolution, le palais connaît un tout autre destin. En 1818, il devient la première prison pour femmes de France. Deux ailes et une conciergerie sont bâties pour l'occasion ; les appartements ducaux servent de chapelle, de réfectoire et d'infirmerie. Les conditions de détention y sont rudes. En 1905, l'établissement se mue en école de préservation pour jeunes filles, puis en institution d'éducation surveillée. Un incendie l'endommage gravement en 1928. L'établissement ferme en 1951, après le suicide de deux pensionnaires.
L'administration pénitentiaire restitue alors le monument aux Beaux-Arts. Les deux visages du lieu — le faste du XVIIe siècle et cent trente ans d'enfermement — sont aujourd'hui montrés ensemble : les décors restaurés du logis ducal, et les anciennes cellules à l'étage. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche.
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