| Période(s) de construction | XVe, XVIe, XVIIe |
| Époque(s) architecturale(s) | Gothique, Renaissance |
| Adresse | 63340 Villeneuve-Lembron |
| Classement | Classé aux Monuments Historiques |
Crédits photo : LLM, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons
Le château de Villeneuve-Lembron se dresse dans le Puy-de-Dôme, entre Clermont-Ferrand et Saint-Flour, près d'Issoire. Un quadrilatère régulier, quatre tours cylindriques aux angles, des fossés profonds — mais tout cet appareil défensif est symbolique. Bâti à la charnière des XVe et XVIe siècles, il n'a jamais eu vocation à soutenir un siège.
Son fondateur, Rigaud d'Aureille, illustre une carrière de serviteur d'État. Bailli des montagnes d'Auvergne, il fut maître d'hôtel de quatre rois successifs — Louis XI, Charles VIII, Louis XII, François Ier — et ambassadeur auprès de Maximilien d'Autriche. Il fait élever cette demeure à l'écart de l'hôtel familial où il était né, manière d'inscrire dans la pierre une ascension due à la faveur royale. François Ier y fera halte le 15 juillet 1533, en route pour Marseille où il allait marier le dauphin à Catherine de Médicis.
Ce qui fait la réputation du lieu tient aux murs. Sous les galeries de la cour, un ensemble de peintures murales met en scène des « dits » — courtes pièces morales ou satiriques, illustrées et légendées. Le dit de l'astrologue, celui du vieux maître d'hôtel, celui de la Bigorne, celui de la Chiche-Face, et une dernière sur les maris trompés. Le seigneur s'y représente lui-même. Ces images, mêlées à des trophées de chasse et à des inscriptions insolites, donnent un accès rare à l'imaginaire de la fin du Moyen Âge.
Un second programme décoratif vient au XVIe siècle avec Gaspard de Montmorin, gouverneur d'Auvergne, qui fait peindre des grotesques d'inspiration mythologique dans la salle d'apparat et les grandes écuries — la voûte de celles-ci figure l'affrontement du bien et du mal.
Isaac Dufour, trésorier de France, achète le domaine en 1643 et transforme la cour intérieure : galerie à portique, plafonds et cheminées du premier étage. Ses descendants le conservent jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, puis les Pélissier de Féligonde jusqu'en 1919.
Le château est classé monument historique depuis 1926 — pour ses peintures, l'architecte qui en demanda la protection jugeant l'extérieur « devenu très banal ». Il abrite aussi des plafonds à la française, des menuiseries du XVe siècle et une tapisserie d'Aubusson figurant la conquête de la Perse par Alexandre. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche.
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