| Période(s) de construction | XIIIe, XVe |
| Époque(s) architecturale(s) | Gothique |
| Adresse | Rte du Duc Jean V, 56370 Sarzeau |
| Classement | Classé aux Monuments Historiques |
Crédits photo : NicolasGrandjean, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia CommonsNicolasGrandjean, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia Commons
Le château de Suscinio s'élève à Sarzeau, sur la presqu'île de Rhuys dans le Morbihan, entre marais salants et océan Atlantique. Ses tours, ses courtines et son pont-levis lui donnent l'allure d'une forteresse, mais ce fut avant tout une demeure de plaisance.
Un prieuré occupe les lieux au XIIIe siècle, autour duquel se développe un domaine agricole. Pierre de Dreux y pose les premières pierres d'un manoir en 1218. Ses successeurs — Jean Ier le Roux, Jean IV, Jean V de Montfort — l'agrandissent et le renforcent jusqu'au XVe siècle. Ce qui frappe dans cette évolution, c'est le mélange : les tours et les courtines relèvent de l'architecture militaire, mais l'intérieur est celui d'une résidence de cour.
Car les ducs venaient ici pour la chasse. La presqu'île était alors couverte de forêts, et l'ensemble — bois giboyeux, étangs, marais poissonneux — en faisait un lieu de villégiature autant qu'une place défendable. Le logis ducal conserve la salle des banquets, la chambre de retrait du duc, les étuves, la garde-robe de la duchesse. Anne de Bretagne compte parmi les hôtes des lieux.
Suscinio est l'un des derniers témoignages de la puissance ducale avant le rattachement de la Bretagne à la France. Progressivement délaissé à partir du XVe siècle, il tombe en ruine, est vendu à la Révolution à un marchand qui l'exploite comme carrière de pierres. C'est à l'état de ruine que Prosper Mérimée le fait classer aux monuments historiques en 1840.
Le département du Morbihan l'acquiert en 1965 et le restaure depuis. Des fouilles menées en 1975 hors les murs ont livré une découverte majeure : le sol de l'ancienne chapelle du XIIIe siècle, soit près de trois cents mètres carrés de pavements datés des années 1330-1340. Par la variété de leurs techniques et la richesse de leur décor, ils constituent l'un des ensembles les plus importants de l'art décoratif médiéval en France.
Le château a conservé son enceinte presque complète, cas rare en Bretagne. Il est entouré d'anciens marais salants — exploités par les moines de Saint-Gildas puis par les ducs jusqu'aux années 1800 — devenus espace naturel sensible, où se croisent roselières, lagunes, cordon dunaire et cinq cents espèces animales et végétales. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche.
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