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Le château Guillaume ne domine rien : il se tient au fond de la vallée de l'Allemette, dans le val d'Anglin, aux confins du Berry, du Poitou et de la Marche. Ce choix n'a rien d'une erreur — les crues hivernales alimentaient ses douves et le rendaient inapprochable.
La construction commence vers 1101, sur ordre de Guillaume IX d'Aquitaine, le premier troubadour connu, dont les chansons fondent la poésie courtoise. Elle dure environ vingt-cinq ans. La forteresse garde alors la frontière entre le duché et le royaume capétien.
Une tradition veut qu'Aliénor d'Aquitaine y soit née vers 1122 — la petite-fille du bâtisseur, reine de France puis d'Angleterre, dont la vie changea la carte de l'Europe. Les légendes sont nombreuses à son sujet et rien ne l'établit avec certitude.
Le donjon rectangulaire est agrandi au XIIIe siècle sous les La Trémoille, et les tours reçoivent des voûtes. Au XIVe, quatre grosses tours cylindriques viennent encadrer le vieux donjon, couronné de mâchicoulis. Bertrand du Guesclin et ses chevaliers combattirent aux alentours pendant la guerre de Cent Ans.
Le château perd son importance stratégique au XVe siècle, puis Richelieu le fait démanteler. Classé dès la liste de 1862, il est restauré entre 1879 et 1883 par Charles Cazaux, disciple de Viollet-le-Duc — les tours reconstituées relèvent donc autant du XIXe siècle que du Moyen Âge.
Le parc de trois hectares, planté d'une grande allée de tilleuls, de platanes et de pins maritimes, s'ordonne en jardin à l'anglaise. On franchit les douves par le pont Riffaut. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche.
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