| Période(s) de construction | XIIIe, XVe |
| Adresse | 170 rue des officiers, 19500 Turenne |
| Classement | Classé aux Monuments Historiques |
Crédits photo : MOSSOT, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
Le château de Turenne couronne une butte isolée qui domine de plus de cent soixante mètres la vallée de la Tourmente, en Corrèze. Le relief y explique tout : le site était pratiquement imprenable, et c'est autour de lui que s'est formé le village, aujourd'hui classé parmi les plus beaux de France.
Le castrum apparaît dans les textes en 767, quand Pépin le Bref s'en empare et le donne à Immon, premier comte de Quercy — il ne s'agit alors probablement que d'un camp carolingien en bois. Les premiers vicomtes apparaissent en 823 et administrent le territoire pendant près d'un millénaire.
Ce qui rend Turenne singulier tient à son statut. La vicomté fut un véritable État féodal, doté d'une autonomie sans équivalent dans le royaume de France : elle battait sa propre monnaie — le denier raymondin, frappé pendant près de trois siècles —, levait ses impôts, entretenait son armée et rendait la justice. Les rois d'Angleterre et de France lui accordèrent tour à tour ces privilèges, que les vicomtes surent monnayer au fil des rivalités entre Plantagenêts et Capétiens.
La tour César, donjon circulaire de dix-huit mètres élevé au XIIIe siècle, est le témoin de ces alliances. Sa forme ronde rappelle les constructions du domaine capétien : les historiens l'attribuent à Raymond IV, qui aurait ainsi affiché son ralliement au roi de France vers 1212. Elle servait aussi de tour de guet et de relais pour les signaux ; un escalier à vis mène à son sommet, d'où la vue porte à trois cent soixante degrés sur les collines du Limousin.
L'indépendance prend fin en 1738, quand la vicomté est vendue à Louis XV. Le roi ordonne la démolition, adjugée en 1753 — bien avant la Révolution, à laquelle on l'attribue parfois à tort. Tout est rasé sauf la tour César et le donjon, amputé d'un niveau pour marquer symboliquement l'abaissement du lieu.
Subsistent aujourd'hui la base des remparts, la tour César au nord, la tour du Trésor au sud, élevée au XIVe siècle, et les vestiges de la tour de la Poudrière. Les corps de logis démantelés ont laissé place à un jardin suspendu. Les vestiges sont classés monuments historiques depuis 1840.
La visite comprend les salles historiques, la salle des gardes, le jardin suspendu et l'ascension de la tour. Une exposition est consacrée aux monnaies de la vicomté, et une machine permet de frapper soi-même une copie du denier raymondin. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche. Il s'agit d'un château fort, bâti pour la défense avant de l'être pour l'agrément.
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