| Période(s) de construction | XVe |
| Époque(s) architecturale(s) | Gothique, Renaissance |
| Adresse | 1 Rue Henri Goyer, 41120 Fougères-sur-Bièvre |
| Classement | Classé aux Monuments Historiques |
Crédits photo : Patrick Clenet, CC BY-SA 3.0 <http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/>, via Wikimedia Commons
Le château de Fougères-sur-Bièvre se dresse au cœur du village, dans le Loir-et-Cher, à quinze kilomètres au sud de Blois. Pont-levis, mâchicoulis, chemin de ronde, archères canonnières, donjon carré : tous les attributs du château fort y sont, remarquablement conservés. C'est le plus petit des châteaux de la Loire, et le plus médiéval d'apparence.
Une première forteresse s'élève ici dès le XIe siècle. Édouard de Woodstock, le Prince Noir, la détruit en 1356, au début de la guerre de Cent Ans. Seul le gros donjon carré subsiste.
Pierre de Refuge obtient de Louis XI l'autorisation de relever les lieux en 1470. Ancien conseiller de Charles d'Orléans devenu trésorier du roi, il n'est pas de vieille noblesse — c'est un bourgeois que le service royal a élevé. Le chantier dure de 1475 à 1483.
Et c'est là que le monument devient singulier. La région est en paix, le terrain parfaitement plat sans intérêt stratégique, et certains dispositifs défensifs — les archères canonnières notamment — sont déjà dépassés au moment de leur construction. Cette forteresse n'a jamais été conçue pour la guerre : elle affirme un rang. Bâtir fortifié, à cette époque, c'est afficher son appartenance à la noblesse. Derrière l'apparence militaire, l'intérieur est une demeure confortable, faite pour recevoir.
Jean de Villebresme, petit-fils du bâtisseur, achève l'ensemble vers 1510-1520 en y ajoutant des éléments Renaissance : une chapelle, une galerie à arcades surbaissées, des pilastres à rinceaux sur la façade de cour. Le château prend alors son visage définitif, qu'il ne quittera plus.
Les siècles suivants adoucissent son allure — ouvertures élargies, douves comblées, pont-levis supprimé. En 1789, René Lambot l'achète ; ses descendants y installent une filature textile de 1812 à 1901. Paradoxalement, cette activité industrielle le sauve : elle maintient de la vie dans les murs et lui épargne l'abandon qui a ruiné tant d'autres demeures.
Classé monument historique en 1912, mis en vente après le krach de 1929, il est acquis par l'État en 1932. Ses murs de moellons de calcaire de Beauce et ses parties sculptées en tuffeau du Cher témoignent d'un art de bâtir local, loin de l'ostentation des grands châteaux voisins. Il se visite : horaires, tarifs et conditions d'accès figurent sur cette fiche.
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